Ça fait déjà des semaines que je n’ai pas mis un pied dehors, mis à part les RDV médicaux. Je suis complètement angoissée à l’idée d’accoucher pendant le confinement.

Le COVID19 me fait peur.

Je me renseigne de tous les côtés pour savoir comment se passe un accouchement pendant cette période. J’appelle des amies qui ont vécu cette expérience quelques jours avant moi, je prends contact avec des nanas sur les réseaux sociaux…enfin bref, j’essaie d’en savoir un max. Très mauvaise idée. J’en retiens que du négatif et ça me fait de plus en plus peur.

Mercredi 8 avril 2020
23ème jour de confinement

8h du mat’, je perds les eaux. On y est!
Voilà, je panique.
Direction la maternité avec ma valise sous le bras. On nous donne un masque. L’accueil est froid et l’ambiance générale glaciale. Pas un chat à l’horizon.
Mon mari doit repartir. Il n’est pas autorisé à entrer. Il pourra revenir seulement quand le travail aura commencé pour participer à l’accouchement.
Du coup, je me retrouve seule. C’est dur et très long.
Le bébé a décidé de rester bien au chaud (comme je la comprends!).
Je passe toute la journée seule dans une chambre, sans aucune visite. Même le personnel n’est pas passé prendre des nouvelles.
J’ai juste droit à 2 monitoring avec une sage-femme encore plus angoissée que moi. La panique augmente.

21h30, les contractions commencent raisonnablement… puis ça se gâte assez rapidement.
Je rencontre la sage-femme de nuit, Célia, un rayon de soleil cette nana.
Mais entre douleurs de contractions et angoisses, je n’arrive pas à me calmer et je craque. Je pleure. Je râle aussi.
Elle me propose de l’acupuncture puis un bon bain bien chaud. Ça me fait du bien, ça me rassure. J’ai l’impression d’être bien prise en charge. Elle me parle, me prend dans ses bras malgré les règles de distanciation sociale.
La nuit a été très longue mais les angoisses avaient enfin disparu. J’avais mal mais je me sentais bien. Hâte d’accueillir mon bébé et de la tenir dans mes bras.

Jeudi 9 avril 2020
24ème jour de confinement

7h30, mon bébé d’amour se décide à pointer le bout de son petit nez. Enfin. J’oublie tout : cet horrible virus, cette ambiance mortelle et même la douleur. Il n’y a plus qu’elle.
Célia a été parfaite. Avenante et toujours positive : tout ce dont j’avais besoin à ce moment là.
L’accouchement s’est très bien passé même si papa n’a pas pu être là. Avec la trouille du Covid-19, impossible de confier les enfants à la famille ou aux amis. Il devait s’y coller.

J’ai passé 5 jours à la maternité. 5 jours sans mon mari, sans mes jumeaux, sans ma famille, sans mes amis, c’est triste. Juste elle et moi. Même si ça a été difficile, j’en ai profité. J’ai préféré voir les choses du bon côté et me dire que c’était une chance de pouvoir prendre le temps de se connaitre et trouver notre rythme ensemble.